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 sens du don

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petite lumière
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Date d'inscription : 10/03/2007

MessageSujet: sens du don   Jeu 24 Juil - 11:28


Sens du Don

*PARTAGE*

Partager ce que l'on a, ce que l'on est

Donner est un acte essentiel, une sortie de soi indispensable à notre
vie. Que serait la vie sans don ? Celui qui donne, même peu de chose,
se préoccupe des besoins de l'autre et place la dignité de la vie de
chaque être humain au plus haut niveau.

Pourquoi donner ?

Désir de partage ? Solidarité ? Nécessité ? Évidence ? Honte
des écarts entre riches et pauvres ? Culpabilité ? Indignation ? Pitié
? Quoi qu'il en soit de tous ces sentiments mêlés qui peuvent nous
habiter, donner et recevoir, partager, échanger, sont des actes
difficiles à vivre que l'on soit du côté de celui qui donne ou de celui
qui reçoit.

Dans les sociétés traditionnelles, le don est signe d'alliance, de PAIX,
ou de pouvoir. Les richesses sont, grâce au don, assez bien réparties
et distribuées. Le don est un facteur d'équilibre social mais il peut
être aussi une humiliation, devenir source de conflit et entraîner de
la dépendance s'il y a dette.

La première approche du don prend souvent la forme d´une pièce
donnée au mendiant dans le métro ou dans la rue : c´est un geste de
compassion ou d´émotion, sans avenir, sans relation, qui ne prétend
rien changer, et ne poursuit aucune efficacité particulière. Engagement
individuel, rencontre fugitive, regards qui se croisent, on ne se
reverra jamais... Parfois une relation s´installe, on passe devant la
même personne tous les dimanches à la sortie de l´église, ou tous les
jours en allant travailler. Dans le meilleur des cas on finit par faire
un peu connaissance comme avec son voisin. L´aumône devient une «
manière de parler » et de se reconnaître de la même humanité... La
solidarité nous fait quitter la mentalité d´assistance pour entrer dans
un esprit de justice, d´équité, de réciprocité, de partenariat et de
fraternité. Dans l´acte de solidarité, chacun reçoit et donne à la
fois. Le donateur se met en position de recevoir et d´apprendre des
autres, il perd peu à peu de sa suffisance de riche. Le geste du don
n´est plus un acte condescendant mais il devient un geste d´égal à
égal, une solidarité quasi familiale.

Le don devrait être proportionnel à la demande et conforme
aux possibilités du donateur. Il parle de l'inconditionnalité
conditionnelle. Dans le cas contraire il serait possible de refuser de
donner ou de recevoir...

S´il y a obligation de donner (inconditionnalité ), il y a
aussi des règles de proportionnalité à respecter : le don doit être
proportionnel à la demande. Il faut donc entrer en relation et en
confiance. Prendre le temps d´une relation vraie... Prendre le temps de
connaître l´autre en lui posant la question : qui es-tu ? Donner de
l´argent peut devenir une solution de facilité. Parfois, mieux vaudrait
parler, donner de bonnes adresses, offrir un réseau de solidarité...

Par définition un don est gratuit : que ta main gauche ignore
ce que fait ta main droite !, et en même temps on s´interroge sur les
conditions dans lesquelles il serait possible ou non de donner, on
parle de liens entre partenaires, de suivi et d'évaluation de projets,
de responsabilité s mutuelles. On se demande aussi combien de temps,
encore, les uns vont-ils donner et les autres continuer de recevoir ?

Donner, c'est inventer, le ton juste et trouver le moment
opportun. C'est prendre le temps de la rencontre, du dialogue, pour
connaître quel est le vrai besoin des personnes. Ce qui les fera le
plus grandir. Donner n´est pas une solution durable, il faudra aussi
chercher dès le départ comment avancer vers une plus grande autonomie
des personnes et des groupes. La dynamique de la relation doit
absolument y conduire.

Nous faisons bien souvent l'expérience que donner de l'argent
est plus facile que d'entrer en relation... Pour entrer dans une démarche
humanisante il faudra que celui qui donne se prépare à partager
davantage encore : son pouvoir, son savoir, son temps, ses relations,
son honneur...

Et découvrir ainsi le goût de se donner lui-même en se tenant
de manière désintéressée aux côtés de celui qui souffre, en donnant
maintenant de ses propres forces pour que l´autre puisse vivre et
grandir.

Donner de l'argent ne suffit pas ! Il faudrait aussi que
justice soit rendue. Le don ne peut se passer de la justice à rendre,
pas plus d´ailleurs qu´il ne doit excuser les paresses humaines.
Travailler sur les causes structurelles de la pauvreté est une démarche
collective et politique qui s´impose souvent.

Donner, prendre, recevoir

Notre société est devenue matérialiste jusque dans ses
convictions morales. Ce qui compte, c´est la visibilité des actes. Ce
qui prévaut est le geste. Non le mouvement du coeur, mais celui de la
main qui tend, ou la somme qu´on donne. Nous voyons la beauté du don,
et négligeons l´esprit dans lequel on donne. Matérialistes au point de
tout prendre au pied de la lettre et de nier l´esprit.

Nous croyons par exemple systématiquement à la générosité du
don. Nous y voyons un acte altruiste, un présent gracieux, un don à
l´autre qui exige une reconnaissance et produit une obligation. Quel
aveuglement pourtant sur les significations originelles du don...

Car on croit donner une chose. Mais comment séparer la chose
offerte de celui qui offre ? Nous savons bien qu´un présent reste
associé au donateur, qu´un cadeau porte l´empreinte d´une personne.
C´est qu´on ne reçoit pas une chose, objective et inerte, mais vivante
et spirituelle : en obtenant un bien de lui, un esprit prend possession
de nous.

Offrir, c´est donc donner autant que prendre. Apparemment se
défaire, en réalité voler et dérober. Imposer une parcelle de son âme
dans les biens de l´autre. C´est un véritable impérialisme que cette
générosité. Ce pourquoi il y a tant de gloire à donner, et d´humilité,
voire de rage à recevoir. Ce pourquoi encore, dans certaines sociétés
primitives, il était inconcevable de recevoir sans rendre en retour. Il
était convenu d´échanger, non par gratitude mais pour restaurer son
autorité et rétablir une égalité.

Tout échange est un mélange de liens spirituels. Refuser de
prendre, c´est refuser cette alliance. L´accepter au contraire, c´est
dire oui à cette petite communauté.

À qui donner ?

L´aide n´est plus seulement transfert d´argent, elle peut
devenir amitié confiante, féconde et durable. Cet échange de don peut
ainsi se faire sans pression, sans obligation de retour. Un échange qui
n'est pas réciprocité du « donnant-donnant ». Échange de veut dire que
celui qui a donné ne reçoit pas nécessairement l'équivalent, il reçoit
autre chose, autrement... C'est donc en définitive le financeur qui porte
la responsabilité de ce partenariat au-delà des personnes.
Responsabilité qui lui impose de donner avec justice et d'être en
mesure de rendre compte de ses choix. Ainsi, il pourra arriver que,
dans certaines circonstances nous trouvions préférable et sage de
renoncer purement et simplement à donner, tout comme il pourrait être
préférable de refuser de recevoir un don : si le don ne correspond pas
à de réels besoins; si le don oblige (pousse) à improviser une action;
si le don épuise plus qu´il ne met en route; si le don est déconnecté
de toute relation; si le don est contraignant, aliénant ou humiliant.

Quant au donateur, qui ne sera probablement jamais en relation
directe avec le destinataire du don, il n'est pas sans responsabilité .
Donner son argent ne le dispense pas de s´intéresser à son tour à la
manière dont le financeur va accomplir sa mission : selon quelle
politique ? quelles orientations ? quelles priorités ? quelle cohérence
d'action ? quel partenariat ? Finalement, la solidité du lien qui unit
les hommes entre eux dans leur vie quotidienne, l'obligation morale qui
incite chacun à être responsable de lui-même et des autres, la
JOIEengendrée par l'échange et le partage, le plaisir d'être utile font
de
la solidarité la manifestation concrète de la fraternité humaine. Il
est difficile d'échapper aux exigences de cette fraternité comme il est
difficile de vivre sans AMOUR. Cette double exigence donne corps à la
notion de solidarité conçue comme acte de raison et comme acte d'AMOUR.


http://www.lousonna .ch/999/

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