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 Se poser

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Luna
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MessageSujet: Se poser   Lun 15 Déc - 19:32

SE POSER

Simplement faire une pause au lieu de remplir l'espace aussitôt, c'est
une expérience transformatrice. En restant en "attente", nous commençons
à entrer en rapport avec l'agitation fondamentale aussi bien qu'avec
l'espace fondamental.
Apprendre à ne nuire ni à nous-mêmes ni aux autres est un enseignement de base du bouddhisme sur le pouvoir de guérison lié à la non-agression. Ne causer de tort ni à nous-mêmes ni aux autres au début, au milieu ou à la fin, c'est la base même d'une société éveillée. C'est ce qui peut permettre un monde plus sain. Ça commence avec des citoyenssains, avec nous-mêmes. L'agression la plus fondamentale envers nous-mêmes, le mal le plus fondamental que nous pouvons nous faire est de demeurer ignorant en n'ayant ni le courage ni le respect de nous regarder avec honnêteté et douceur.
A la base de cette disposition à ne pas nuire à autrui, il y a l'attention, c'est-à-dire le sentiment de voir clairement, avec respect et compassion, ce que nous percevons. C'est ce que nous montre la pratique de base. Mais l'attention ne se limite pas à la méditation formelle. Elle nous aide à entrer en rapport avec tous les détails de la vie, à voir, à entendre et à sentir, sans fermer les yeux ou nous boucher les oreilles ou le nez. C'est le parcours de toute une vie que d'entrer honnêtement en relation avec le caractère immédiat de notre expérience et de nous respecter suffisamment pour ne pas porter de jugement sur celle-ci.
Comme nous prenons de plus en plus à coeur ce voyage de douceur honnête, c'est un vrai choc de constater à quel point nous avons refusé de voir certaines de nos manières de nuire. Notre style est si bien enraciné en nous que nous ne pouvons pas entendre ceux qui essayent de nous dire, avec douceur ou rudesse, que peut-être nous causons du tort par notre façon d'être ou dans nos rapports avec soi avec les autres. Nous sommes si habitués à notre façon de faire que nous croyons en quelque sorte que les autres le sont aussi. C'est douloureux de faire face à la manière dont nous pouvons nuire aux autres,et à nous même et cela demande passablement de temps.
Le voyage a lieu parce qu'on s'est engagé à pratiquer la douceur, l'honnêteté, à rester réveillé, à être attentif. Grâce à l'attention, nous voyons nos désirs et notre agression, notre jalousie et notre ignorance, sans suivre ces pulsions ; nous nous contentons de les voir. Sans l'attention, impossible d'en prendre acte. L'étape suivante consiste à s'abstenir. L'attention est la base ; l'action de s'abstenir est la voie. S'abstenir, c'est un de ces mots crispés qui ont l'air répressif. Il est évident que les gens vifs, pleins d'entrain et intéressants ne vont pas pratiquer l'abstention. Peut-être le feront-ils occasionnellement, mais sans jamais en faire leur mode de vie. Dans ce contexte, pourtant, la capacité de s'abstenir sert souvent de méthode permettant de devenir une personne " dharmique ". C'est grâce à elle que nous ne cherchons pas à nous divertir dès que nous sentons poindre un petit début d'ennui. C'est la pratique qui consiste à ne pas remplir immédiatement l'espace juste parce qu'il y a enfin une brèche.
On m'a donné un jour une pratique de méditation intéressante qui faisait appel à l'attention et à la faculté de s'abstenir. On nous avait simplement dit de remarquer les mouvements de notre corps quand nous nous sentions mal à l'aise. J'ai commencé à m'apercevoir que, quand je me sentais mal à l'aise, je faisais certains mouvements comme me tirer l'oreille, me gratter le nez ou la tête, alors que ça ne me démangeait pas, ou bien ajuster mon col. Je faisais toute sorte de petits mouvements incontrôlés et fébriles quand je sentais que je perdais mon assise. La consigne était de ne pas essayer de changer quoi que ce soit, de ne pas nous critiquer quoi que nous fassions, mais de nous contenter d'observer nos gestes. Prendre note de la manière dont nous essayons d'éviter l'absence de terrain solide est un moyen d'entrer en contact avec cette perte d'assise. S'abstenir, c'est-à-dire ne pas passer à l'acte de façon impulsive comme d'habitude, a quelque chose à voir avec le renoncement à la mentalité de divertissement. En nous abstenant "d'agir", nous pouvons voir que quelque chose existe entre l'apparition du désir - de l'agression, de la solitude ou quoi que ce soit d'autre - et toute action que nous accomplissons comme résultat de ce sentiment. Il y a en nous quelque chose dont nous ne voulons pas faire l'expérience et dont nous ne faisons jamais l'expérience parce que nous sommes tellement pressés d'agir. Dans notre vie ordinaire, derrière tout notre bavardage, derrière tous les mouvements que nous faisons, derrière toutes les pensées de notre esprit, il y a une absence fondamentale de terrain solide. Elle est là, à bouillonner constamment. Nous en faisons l'expérience sous forme d'agitation et d'imitation. Nous en faisons l'expérience sous forme de peur. Elle provoque la passion, l'agression, l'ignorance, la jalousie et l'orgueil, mais nous ne descendons jamais jusqu'à son essence.
S'abstenir, c'est la méthode dont on use pour parvenir à connaître la nature de cette agitation et de cette peur. C'est la méthode permettant de se faire à l'absence de terrain solide. Si nous nous divertissons aussitôt en commençant à parler, à agir ou à penser - si nous ne faisons jamais aucune pause - nous ne pourrons jamais nous détendre. Notre vie sera un marathon sans fin. Nous demeurerons bloqués au stade du " vrai paquet de nerfs ", comme disait mon grand-père. Dans ce sens, s'abstenir c'est une façon d'entrer en Amour avec soi-même au niveau le plus profond possible. Dernière tout cela, il y a quelque chose de très doux et de très tendre, dont nous faisons l'expérience sous forme de peur ou d'irritation.

Il était une fois une jeune guerrière à qui son maître dit qu'elle devait engager le combat contre la peur. Elle ne voulait pas le faire. Ça lui semblait trop agressif, effrayant, hostile. Mais le maître lui dit qu'il fallait le faire et lui donna des instructions pour la bataille. Le jour du "combat" arriva. L'étudiante guerrière se tint d'un côté et la peur de l'autre. La guerrière se sentit toute petite et la peur avait l'air grande et courroucée. Toutes deux avaient leurs armes. La jeune guerrière s'enhardit et s'avança vers la peur, se prosterna trois fois et lui demanda : " Puis-je avoir la permission de me mesurer à vous ? " La peur lui dit : " Merci d'avoir tant de respect pour moi que vous sollicitiez ma permission. " Alors la jeune guerrière lui demanda : "Comment puis-je vous vaincre ? " La peur répliqua : " Je parle très vite et je m'approche tout près de votre visage : voilà mes armes. Alors vous vous troublez complètement et faites tout ce que je vous dis. Si vous ne faites pas ce que je vous dis, je n'ai aucun pouvoir. Vous pouvez m'écouter et avoir du respect pour moi. Vous pouvez même être convaincue par moi. Mais si vous ne faites pas ce que je vous dis, je n'ai aucun pouvoir. " C'est ainsi que l'étudiante guerrière apprit à vaincre la peur. C'est vraiment comme ça que ça marche. Il faut avoir un certain respect pour sa frousse, comprendre un tant soit peu comment nos émotions ont le pouvoir de nous faire tourner en rond. Cette compréhension nous aide à découvrir comment nous augmentons notre douleur et notre confusion et nous nous faisons du mal. Parce que nous possédons la bonté fondamentale, la sagesse fondamentale, l'intelligence fondamentale, nous pouvons cesser de nuire à nous-mêmes et aux autres. Grâce à l'attention, nous pouvons voir les choses au moment où elles surgissent. Quand nous comprenons le processus, nous ne nous faisons pas avoir par la réaction en chaîne qui transforme des choses minuscules en monstruosités. Nous laissons les choses être minuscules. Elles restent toutes petites. Elles ne prennent pas une ampleur qui les transforme en "troisième guerre mondiale Tout cela est possible parce qu'on a appris à s'arrêter ne serait-ce qu'un instant, à ne pas répéter compulsivement la même chose encore et toujours. Simplement faire une pause au lieu de remplir l'espace aussitôt, c'est une expérience transformatrice. En restant en attente, nous commençons à entrer en rapport avec l'agitation fondamentale aussi bien qu'avec l'espace fondamental. Et quelle est la conséquence de tout ça ? C'est que nous cessons de causer du tort. Nous commençons à nous connaître à fond et à nous respecter. Tout peut arriver, tout peut entrer dans notre maison ; La démarche entreprise pour nous connaître nous a assouplis totalement, l'attention douce, honnête, nous a transformés du tout au TOUT. Ce processus nous met en rapport avec la fructification liée à la capacité de s'abstenir : le bien-être Fondamental de notre corps, de notre parole et de notre esprit. Le bien-être du corps est comme une montagne. Beaucoup de choses se produisent sur une montagne. Il y grêle, les vents se lèvent, il y pleut et il y neige. Le soleil tape fort, les nuages se croisent, les animaux chient et pissent sur la montagne, les humains font de même. Des gens laissent des ordures que d'autres nettoient. Bien des choses vont et viennent sur cette montagne, mais elle reste immuable. Quand nous nous sommes vus à fond, nous connaissons une immobilité du corps qui rappelle celle de la montagne. Nous cessons de ne pas pouvoir rester en place, d'avoir besoin de nous gratter le nez, de nous tirer les oreilles .... Établir une relation vraiment bonne avec nous-mêmes nous apprend l'immobilité, ce qui ne nous empêche pas de courir, de sauter ni de danser. Cela signifie plutôt que la compulsion a disparu. Le bien-être lié à la parole est comme un luth sans cordes. Même sans cordes, l'instrument se révèle par lui-même. C'est une image de la parole au repos, apaisée. Le bien-être de l'esprit est comme un lac de montagne sans rides. Quand le lac n'a aucune ride, on peut tout y voir. Quand l'eau est tout agitée, on ne peut rien y voir. Le lac calme sans rides est une image de notre esprit au repos, tellement plein d'une amitié illimitée pour tout le bric-à-brac qui se trouve au fond du lac . Ne pas causer de tort demande qu'on demeure éveillé. Cela suppose, entre autres, de ralentir suffisamment pour remarquer ce que nous disons et faisons. Plus nous observons nos réactions émotionnelles en chaîne et comprenons leur fonctionnement, plus il nous est facile de nous abstenir. Rester éveillé, ralentir et remarquer ce qui se passe devient alors un mode de vie. À la racine de tout le tort que nous faisons se trouve l'oubli. Par la méditation, c'est ce que nous commençons à défaire. Si nous constatons que nous ne sommes pas attentifs, que nous ne savons pas nous abstenir le plus souvent ou que nous ne sommes pas bien dans notre peau, tout cela n'est pas de la confusion, c'est le début de la clarté. Au fur et à mesure que notre vie s'écoule, notre capacité à être sourd, muet et aveugle s'amenuise.
Ce processus nous libère. C'est la libération qui se produit naturellement quand nous sommes tout à fait là, sans nous faire de souci au sujet de l'imperfection.
Pema Chödrön : " Quand tout s'effondre ; conseils d'une amie pour des temps difficiles. "

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petite lumière
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MessageSujet: Re: Se poser   Mar 16 Déc - 15:29

Citation :
C'est le parcours de toute une vie que d'entrer
honnêtement en relation avec le caractère immédiat de notre expérience
et de nous respecter suffisamment pour ne pas porter de jugement sur
celle-ci.


et... comme le dit bien ce texte, inutile de s'agiter, de multiplier les actions pour fuir la peur, le mieux et de la laisser montrer son visage, se placer en observatrice, puis s'abstenir de l'alimenter, une fois son origine comprise!!!

ca me parle , ca me parle lol!

merci luna

:ange:

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MessageSujet: Re: Se poser   Mer 17 Déc - 10:46

Citation :
S'abstenir, c'est la méthode dont on use pour parvenir à connaître la nature de cette agitation et de cette peur. C'est la méthode permettant de se faire à l'absence de terrain solide. Si nous nous divertissons aussitôt en commençant à parler, à agir ou à penser - si nous ne faisons jamais aucune pause - nous ne pourrons jamais nous détendre. Notre vie sera un marathon sans fin. Nous demeurerons bloqués au stade du " vrai paquet de nerfs ",
Merci pour ce texte qui me parle aussi! study

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