AccueilAccueil  PortailPortail  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 à l’écoute du besoin d’espérer et du besoin de rêver

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
FilledelaTerre
Admin
avatar

Nombre de messages : 4128
Age : 48
Localisation : Haute-Savoie
Date d'inscription : 16/03/2007

MessageSujet: à l’écoute du besoin d’espérer et du besoin de rêver   Dim 18 Jan - 23:28

Jacques salomé - à l’écoute du besoin d’espérer et du besoin de rêver








A l’écoute du besoin d’espérer et du besoin de rêver



Parmi nos besoins relationnels les plus vitaux, figurent le besoin
de se dire, d’être entendu, reconnu et valorisé. Il y a aussi le besoin
d’avoir une intimité (qui sera respectée) et celui de pouvoir exercer
une influence sur autrui. Nous avons encore deux autres besoins
importants qui, malheureusement sont aujourd’hui souvent en
souffrance : celui d’espérer et celui de rêver. Espérer et rêver se
présentent à première vue comme des dispositions plutôt solitaires,
réalisables individuellement. À priori elles ne semblent pas dépendre
de la participation d’autres personnes que nous-mêmes pour leur
satisfaction. Alors, qu’est-ce qui en fait des besoins relationnels ?




Il
sera question ici du besoin d’espérer et du besoin de rêver comme de
besoins relationnels, en considérant que nous avons non seulement
besoin de rêver et d’espérer, mais aussi de pouvoir partager nos
espoirs et nos rêves. Que l’on songe aux frustrations ressenties, aux
humiliations vécues quand nos enthousiasmes, nos utopies ou nos élans
sont à peine formulés qu’ils sont fossilisés par des exigences à devoir
tenir compte de la réalité : « Mais tu n’y penses pas ! Tu es fou ! Oh
toi avec tes grandes idées ! Tu planes ! Faut pas rêver ! Tu crois
encore au Père Noël mon vieux ! Redescends de ton nuage ! »


Le besoin d’espérer et le besoin de rêver sont aussi des besoins
relationnels pour une autre raison, qui tient cette fois, au rôle
déterminant que peut jouer l’entourage proche pour favoriser,
encourager et légitimer la naissance des capacités de rêver et
d’espérer chez un enfant. Car ce sont des acquisitions de la vie
relationnelle et pas des acquis donnés d’emblée.


De nos jours, ces deux besoins sont réellement maltraités, peu
satisfaits et quasiment censurés dans l’existence de beaucoup d’adultes
confrontés à des alternatives ou des chemins de vie qui leur paraissent
sans issues. La conjoncture y est sans doute quelque chose, mais aussi
la fâcheuse propension que nous avons à confondre besoin, désir et
consommation. S’y ajoute la tendance courante que nous avons aussi, de
nous en tenir au seul niveau utilitaire, réaliste ou matériel des
faits, au détriment des registres de l’imaginaire, du ressenti et du
symbolique.


Avoir la capacité d’espérer c’est non seulement faire confiance à
demain, mais c’est être en mesure de se projeter dans un avenir plus
lointain. C’est avoir la disponibilité de croire en un avenir
prometteur, susceptible d’être meilleur que le présent, suffisamment
porteur de possibles et ouvert sur des perspectives de changements pour
en attendre des sollicitations vivifiantes et des stimulations
dynamisantes. Autrement dit pour anticiper à partir de ces perspectives
un intérêt à être et un encouragement à devenir.


Espérer en tant qu’adulte ou parent, c’est être habité d’espoirs
déposés dans des représentations et des valeurs telles que la croyance
en un monde plus juste, plus convivial, plus respectueux ou plus
égalitaire. De quoi souhaiter permettre à nos enfants de s’inscrire
dans un présent acceptable sans avoir besoin de le rejeter, de le
maltraiter ou de le disqualifier. Chez nombre de jeunes d’aujourd’hui
l’espérance est réduite à sa plus simple expression quand elle n’est
pas purement et simplement jugée non advenue ou incongrue. L’avenir
semble à beaucoup barré, immobilisé ou bloqué, « sans horizon, gris
d’incertitudes, opaque » déplorent certains quand ils pressentent leur
futur non porteur d’accueil, sans ouverture pour se réaliser, ni
possibilités de se dépasser et qu’ils le considèrent comme inapte à
leur offrir les garanties d’une sécurité minimale. Comment dans ces
conditions, les jeunes peuvent-ils avoir envie de s’engager, de
s’impliquer, de participer à la construction de cet avenir ?


Chez de plus en plus d’adultes l’espérance a fait faux-bond et n’est
pas au rendez vous du quotidien. Il leur est difficile d’accorder
confiance au lendemain et de ce fait, à eux-mêmes.


L’espérance est pourtant l’un des moteurs les plus puissants pour
créer, changer, avancer et se libérer de sa condition sociale ou
existentielle, ou sortir d’une mauvaise passe. À moins que la
créativité ne soit un moteur pour l’espérance ?


Le besoin de rêver comme celui d’espérer commencent à se manifester
très tôt dans l’enfance. Tous deux sont dérivés de la capacité de jouer
dont ils se détachent de plus en plus au fur et à mesure que l’enfant
grandit, qu’il découvre les réalités de la vie, qu’il peut se projeter
dans un avenir, accéder à la pensée abstraite et à des fantaisies
personnelles. La capacité de rêver et celle d’espérer atteignent leur
forme la plus achevée à l’adolescence. À cette période de la vie, le
jeune joue à devenir en s’inventant une histoire, la sienne ( journaux
intimes, poèmes...)


Le besoin d’espérer et celui de rêver sont présents et actifs chez
tout être humain. Ils se nourrissent à la source de l’imaginaire et de
la sensibilité propres à chacun. Bien sûr, il y a des rêves accessibles
et d’autres qui sont moins abordables. Quoi qu’il en soit, il est
hautement souhaitable que ces rêves restent disponibles, repérables et
visibles, qu’ils restent suffisamment mobilisateurs pour impulser un
mouvement en avant, susciter une énergie de vie qui permettent de
transcender la réalité sans s’en couper pour autant. À condition que
rêver et espérer ne soient pas les seuls modes de mentalisation.


Les besoins de rêver et d’espérer existent à l’état de préforme chez
tout bébé et ils demandent alors des conditions facilitantes pour se
déployer. Les réponses de l’entourage proche jouent un rôle décisif
pour soutenir, encourager, amplifier et surtout permettre la naissance
de la capacité d’espérer et de rêver.


Quand on y pense bien, il faut tout de même beaucoup d’imagination,
d’audace et de constance pour garder l’espoir en des temps meilleurs
quand, par ailleurs, chaque jour qui passe nous rapproche de l’échéance
de notre finitude. Il nous faut pouvoir supporter ce paradoxe de
l’existence pour ne pas nous décourager et continuer à ressentir
durablement que la vie vaut la peine d’être vécue. Pareil paradoxe ne
se résout pas, nous ne pouvons que le tolérer en puisant dans nos
ressources de créativité et d’inventivité qui colorent notre regard et
nous permettent de trouver un sens à la vie. « Espérer c’est quand t’es
heureux, parce que quand t’es dans l’espoir t’as une très bonne raison
de vivre. » (Maëlle 12 ans)


Nous savons par les travaux sur le développement de l’enfant que la
source de la créativité provient de la possibilité d’être
authentiquement soi. L’être soi a besoin non seulement de bon à vivre
mais de beau pour éclore et s’épanouir : passion, ferveur, admiration
et émerveillement en sont le levain. Au tout début, c’est grâce à un
ajustement presque parfait de l’environnement aux besoins fondamentaux
d’un bébé, que celui-ci peut inscrire en lui la trace profonde et
persistante que ce qui advient au moment opportun et au rythme adéquat,
c’est lui qui l’a crée. Cette sensation qui n’est pourtant qu’une
illusion constitue une puissante force d’attraction pour la confiance
en soi, pour la conviction d’être auteur, acteur, agent, partie
prenante de ce qui nous arrive. Ce vécu d’omnipotence est la matrice de
la capacité de symboliser, de penser, de rêver et d’espérer.


A l’inverse, l’être soi authentique s’atrophie ou se déforme sous
l’effet des intrusions, des empiètements, des empêchements ou des
forçages de l’environnement proche. Il se développe en un « faux soi ».
Celui ou celle dont le sentiment d’exister est marqué de cette
empreinte va privilégier l’adaptation aux demandes des autres plutôt
que l’affirmation et le respect de soi. La contrepartie se paie cher
(chair) sur le plan relationnel sous forme d’aliénation et de mises en
dépendance diverses : dans ces cas-là une piètre relation ou un
semblant de relation seront préférés plutôt qu’une solitude appréhendée
comme un vide ou un état de détresse difficile à supporter. Des
expériences de cette nature forment des points de fixation ou de
régression, des zones de vulnérabilité, des appels d’air où
s’inscrivent l’impression que la vie est futile et insipide et qu’il ne
reste plus qu’à s’y adapter comme si tout ce qui advient n’était que
fatalité. Face aux épreuves de la vie, lors des périodes de crise ou
des temps de mutation, quand nous avons à traverser des phases
difficiles et qu’il nous faut nous accrocher pour franchir les
obstacles ou affronter l’adversité, quelles sont les traces ou les
sensations que nous allons contacter en nous ? Allons-nous être
contraints de nous soumettre à la réalité ou pouvoir puiser dans nos
réserves de rêves et inventer des issues inédites à la situation du
moment ? Allons-nous sombrer dans le désespoir ou rester animés par
l’espoir et tenir le coup, voire rebondir, c’est-à-dire être résilients
comme on dit aujourd’hui ? Ou allons nous accepter que parmi nos
besoins relationnels les plus vitaux, il nous appartient de respecter
et de nourrir le besoin de rêver et celui d’espérer.


Jacques Salomé est l’auteur de :
- Vivre avec les miens. Ed de l’Homme.
- Pour ne plus vivre sur la planète taire. Ed Albin Michel
- Dis papa c’est quoi l’amour. Albin Michel.


Site : www.j-salome.com


source: nouvellescles.com
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://filledelun.over-blog.com/
petite lumière
Admin
avatar

Féminin
Nombre de messages : 6965
Age : 65
Localisation : Moselle
Date d'inscription : 10/03/2007

MessageSujet: Re: à l’écoute du besoin d’espérer et du besoin de rêver   Lun 19 Jan - 18:48

très intéressant et subtil ce texte

Citation :
A l’inverse, l’être soi authentique s’atrophie ou se déforme sous
l’effet des intrusions, des empiètements, des empêchements ou des
forçages de l’environnement proche. Il se développe en un « faux soi ».

attention de ne pas sombrer dans ce schéma, le piège est grand!!!

en toute circonstance restons nous-memes

:merci3: sylvie

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://petite-lumiere.forumsdediscussions.net
 
à l’écoute du besoin d’espérer et du besoin de rêver
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Besoin d'un coup de main pour déménagement
» La conservation du Maïs [besoin d'aide]
» Combien ca coute d'aller sur piste???
» combien coute une calandre
» besoin d'aide pour une installation audio

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: Le Temple du partage des thèmes :: les thèmes à partager, de A à Z.. de 0 à l'infini... :: Psychologie spirituelle-
Sauter vers: