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 Communication avec le monde végétal

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FilledelaTerre
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Localisation : Haute-Savoie
Date d'inscription : 16/03/2007

MessageSujet: Communication avec le monde végétal   Ven 21 Mai - 18:24

Communication
avec le monde végétal

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lundi 10 mai 2010, à 19:02 | Modifier
l'article | Supprimer

Communication avec le monde végétal

À bien des égards, nous sommes des arbres “automobiles”. La peau qui
recouvre notre corps nous masque nos “ramures” qui n’en sont pas moins
là. On a pris nos racines comme si on soulevait notre jupe et nous v’là à
caracoler sur les chemins. Seule l’apparence fait de nous des êtres
différents, et nous masque une parenté qui demeure bien là.

Imaginons une caméra placée à un carrefour, près d’un Parc, et puis
passons le film en accéléré.
Les “passants” vont se mettre à défiler à toute allure, de plus en plus
vite. Bientôt, le passage clouté ne sera parcouru que par des sortes de
courants colorés, et à part quelques fonctionnaires qui font la causette
(!), bientôt toute l’activité humaine va disparaître dans des “courants
d’air”.
Tout à coup, ce sont les nuages qui vont commencer à s’animer et défiler
de plus en plus vite. La lumière du soleil va monter puis décroître :
nuit, jour, nuit, les flashes seront de plus en plus rapides. Printemps,
été, automne, hivers...
... et alors, on va se rendre compte que les arbres respirent, une fois
l’an, qu’ils bougent, grandissent et s’étirent, et peuvent même
s’éprendre l’un de l’autre.
Le monde végétal est tellement lent qu’on ne le voit pas vivant.

Nos pensées ne leur sont pas plus réelles que ces courants colorés sur
le passage clouté.
Pour cette raison, je crois que toute communication avec le monde
végétal nécessite d’abord, de ralentir.
Ralentir le flot de nos pensées trop souvent en ébullition, ralentir nos
mouvements et se tenir quiet ainsi qu’ils sont, ralentir notre
impatience qui nous empêche d’attendre, qui nous empêche d’entendre.
Les arbres pensent, mais avec lenteur. Les arbres pensent, mais non en
idées mais en évidences, ce qui ne les empêche nullement de briller dans
les abstractions.

Converser avec les arbres implique de se mettre à leur rythme. Il faut
aller à leur rencontre. A l’orée de la forêt, on va se présenter
respectueusement et formuler, sans nécessairement l’articuler, pourquoi
nous venons dans ce lieu qui est le leur. Exactement ce que nous faisons
lorsqu’on se trouve sur le seuil d’une maison qui n’est pas la nôtre.
Il ne nous viendrait pas à l’idée de se comporter autrement, et
pourtant, ça nous semble saugrenu d’agir ainsi, au seuil de la forêt.
Il est pourtant bienvenu d’y mettre des “usages”.
Cette politesse, cette attention respectueuse, va se transmettre de
racines en racines comme des murmures. On pourrait presque entendre des
“Oh !”, des “Ah !”.

Comme il en est des arbres comme des personnes, il y a des hiérarchies
dans une forêt, certains arbres sont plus causants que d’autres,
certains sont plus turbulents, d’autres plus sages, et puis certains
nous correspondent plus que d’autres.
On se promène un instant et lorsqu’on arrive près de l’un d’eux qui nous
semble plus engageant, on s’asseoit tranquillement, adossé à son tronc.
Là on va attendre paisiblement et ralentir encore, attendre jusqu’à
percevoir la “musique” de l’arbre. Chaque arbre vibre, et s’il est
difficile pour nos oreilles d’entendre leur ronronnement, nos corps
peuvent néanmoins le ressentir, par la peau probablement. Ils possèdent
chacun, une “présence rayonnante”. Se tenir tranquillement le long de
son tronc, s’abandonner à son rayonnement, c’est d’une certaine façon,
se laisser prendre dans ses bras.
Par cet “embrassement”, lui aussi va “ressentir” notre “présence
rayonnante”, et bien souvent, il en sera d’abord intrigué.
Alors, il nous faudra faire connaissance, se présenter, souhaiter le
bonjour, et à nouveau attendre le retour de politesse.

Certaines personnes disent qu’il vaut mieux faire cela l’été car les
vibrations d’hivers seraient “nocives”. Pour ma part, je n’ai rien
ressenti de tel, mais il est vrai, que si on réveille un ours dans sa
tanière, on a plutôt intérêt à le faire avec une infinie gentillesse.

Avant de se confier à lui, il va nous falloir apprendre de lui ; qui il
est, sa “position” dans la forêt, s’il est satisfait de son sort, etc...
Bref, s’intéresser à lui, sans le feindre.
Peut-être, il ne faut pas espérer tout en une seule fois. Un arbre, ça
s’apprivoise d’une certaine façon. Il faut se faire “apprécier” de lui
et lui prodiguer toute la tendresse qui est en nous. Ces grands
éléphants immobiles y sont bien plus sensibles qu’on ne l’imagine.
La répétition des visites, l’habitude, rendra moins longs les
préliminaires, car comme le dit le Renard du Petit Prince : “chacun aura
pu se préparer le coeur”.

Il faut savoir que l’arbre de la forêt est un être pour moitié
individuel, et pour moitié collectif. Parler avec l’arbre de la forêt,
c’est également parler avec la forêt.
Il y a peu de vrais solitaires.
Il y en a parfois, au milieu des champs, et ceux-là sont généralement de
grands “télépathes”. La nécessité de devoir communiquer à distance les
aura rendu d’autant plus “sensibles”, et aura également forgé leur
caractère. Mais il ne faut pas accorder plus d’importance qu’il n’en
faut, à leur côté “bourru”, au fond, ce sont des tendres !

Chaque espèce d’arbre a conscience de son “sang”. Certains sont tout en
simplicité, et d’autres sont “monarques”. Du fait de ce qu’ils sont,
leur accès individuel peut différer et donc la nature de leur “discours”
ou de l’échange possible. Avec certains, il faudra mettre plus de
manières et d’emphase qu’avec d’autres. Il en est ainsi entre les jeunes
et les vieux. Les jeunes sont généralement plus faciles d’accès, mais
les vieux ont souvent plus à dire. Comme pour les humains, le temps
confère l’expérience, ce pour quoi le monde végétal a le plus grand
respect.

De par leurs racines, ils sont en contact étroit et permanent avec la
“conscience” de la Terre et entretiennent avec elle une relation
véritablement passionnelle, par le biais des éléments.
Il peut nous être donné parfois à observer, ces moments incroyablement
magiques, où la Terre et le monde végétal se font mutuellement l’amour
dans des orages grandioses où se mêlent appel, désir, réponse, partage,
jouissance et plénitude retrouvée.
Mais les forêts sont aussi tournées vers le Ciel. Leurs paraboles sont
déployées en permanence. Les forêts de la terre communiquent avec les
forêts d’autres mondes. C’est pourquoi, dans les temps anciens où
l’homme savait cela, il se servait des forets comme amplificateur de
signal, ou comme “onde-porteuse” pour communiquer lui-même avec les
autres mondes.

Certainement, il y a beaucoup de richesses disponibles dans la
communication avec ces “frères” végétaux. Il y a beaucoup d’équilibre à
trouver pour l’homme moderne, stressé, et nerveusement malade de tout un
tas de “trops” et de “trop vite”, simplement en laissant leur
rayonnement réaligner le nôtre. Ils sont pour nous, une source de santé
et de vitalité.

Mais le temps fait également d’eux des “philosophes”, et
l’apprivoisement en fait d’infatigables conteurs de l’histoire du monde
et des mondes. Ils sont bien plus qu’on ne le pense, les gardiens de
notre propre mémoire, celle de notre espèce humaine.

Chaque arbre est un “cristal biologique”, un “sphinx” qui ne demande
qu’à délivrer ses secrets.

Gwelan Aour

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